
Le président du Syndicat des médecins égyptiens, Hamdy El Sayed, soutient mordicus qu'« il ne s’agit pas de promouvoir les différences entre les religions, mais de limiter le commerce d’organes » qui sévit depuis des années dans le pays.
Les Coptes et autres défenseurs des droits de l’homme n’y croient pas. « C’est une loi raciste qui encourage
la discrimination et qui opère une distinction entre les donateurs chrétiens et musulmans, réduisant les chances pour les patients d’obtenir leur transplantation d’organe », a déclaré
Naguib Gabriel, directeur de l’Union égyptienne des droits de l’homme au Daily News Egypt.
Pour un grand nombre d’Egyptiens outrés par cette loi, la décision s’explique par le fait que le conseil d’administration du Syndicat des médecins compte de nombreux membres du parti des Frères musulmans. L’idée étant que les Frères musulmans ne voudraient pas souiller des croyants avec des organes venant des Coptes. « Le projet de loi contribuera à élargir l’écart entre les musulmans et les chrétiens, puis nous aurons des hôpitaux séparés pour chrétiens et musulmans », s’inquiète Naguib Gabriel.
Alors que pour El Sayed, la pauvreté conduit de nombreuses personnes à vendre leurs organes aux plus riches. Le fait de restreindre les dons entre membres d’une même famille réduira ainsi le trafic. « Il est peu probable que les membres d’une même famille vendent leurs organes entre eux », a-t-il déclaré. Affaire à suivre.
Edition France Soir du lundi 25 août 2008 n°19884 page 16

Ce jour, Aleksandr Issaïevitch entre pleinement dans la lumière du royaume.
L'empire des ombres, il y avait goûté, en avait traversé le néant, lui avait dit adieu et en était revenu, vivant, il y a déjà bien longtemps, au mitan du plus inhumain des siècles.
Un peu plus tôt, Hegel, Marx, Nietzsche, Freud, l'Allemagne philosophique devant qui avait abdiqué l'esprit de l'Europe avaient proclamé la mort de Dieu. Les campagnes russes,
bientôt celles de Chine, de Pologne, de Cuba, d'Angola, du Cambodge, entérinaient la mort de l'homme.
Avec son catéchisme manichéen, ses temples manufacturiers, ses rites bellicistes et ses pontifes haineux, une gnose barbare prétendait au rang de religion universelle. Les charniers,
qu'elle dressait par milliers pour des millions de victimes, lui tenaient lieu d'ex-voto. Et les intellectuels, au service du parti du progrès, de chiens de garde. Silence, on tue.
Ce fut alors que, parmi des râles étouffés, des noms effacés, des cadavres amoncelés, se leva une voix. Des décombres de l'Histoire monta un chant. Une nouvelle Odyssée. La sienne.
La leur. La nôtre.
Parce que payée du prix eucharistique du sang.
"J'avais affronté leur idéologie, mais en marchant contre eux, c'était ma propre tête que je portais sous mon bras" (Le Chêne et le Veau). Les icônes de Rostov, de Moscou, de Riazan,
ayant échappé à la destruction communiste, montrent ainsi Jean, le baptiste et précurseur, après sa décollation, métamorphosé en ange du Jugement, précédant la descente du Christ aux Enfers, lui
ouvrant la voie, annonçant la proche résurrection du Verbe.
Puissance de l'impuissance de Soljenitsyne, écrivain, parce que martyr ou encore prophète, se sachant soumis à une parole plus grande que la sienne, ayant éprouvé jusque dans sa chair que le désir d'immortalité que parodie la littérature s'accomplit dans l'humilité.
De ce tournant, à la fois retournement, conversion, ravissement au milieu du chemin de sa vie, devait découler, rare et secrète, la coïncidence en
lui de la destinée et de l'œuvre. C'est qu'à rebours de toutes les repentances du monde, l'appel de la vérité avait placé son existence sous le signe radical du repentir.
«En taisant le vice, en l'enfonçant dans notre corps, nous le semons» (L'Archipel du Goulag). Le mal ne tient que dans la clandestinité. Il n'est de
damnation que celle, volontaire, du mensonge consenti. Et la leçon ne devait pas valoir que pour l'indicible horreur de l'Est. Elle allait s'appliquer au stupide bonheur de l'Ouest, à la bête
idolâtrie de l'Occident confondant les biens et le Bien, l'argent et l'ordre, la jouissance et l'honneur.
Impardonnable. Tout comme était impardonnable sa volonté de vivre russe, de penser russe, de parler et d'écrire russe. Aussi, dès qu'il apparut, pour la
première fois, comme en chair et en os, incarné, trop incarné, sur l'écran d'«Apostrophes», en 1975, réveilla-t-il la sarabande des énergumènes, adeptes du compromis et maîtres en manipulations…
Menteur, réactionnaire, nationaliste, slavophile, tsariste, grand-russe et, au besoin… fasciste, antisémite… Ce fut pourtant Raymond Aron qui, dans ces mêmes colonnes, pressentant la nature
biblique du mystère, retrouva l'évidence théologale en osant parler d'un visage illuminé par «un message de charité, de foi et d'espérance».
Combien furent-ils alors, et depuis, à comprendre l'unique vocation de Soljenitsyne ? L'élection qui l'avait saisi, dont il s'était saisi ? Ils se comptent sur les doigts
d'une main en France Claude Durand bien sûr, Nikita Struve, Georges Nivat, Olivier Clément… Ce sont eux qui ont escorté l'œuvre, trop méconnue encore, alors que nos enfants, et les enfants de nos
enfants, apprendront à lire le XXe siècle dans La Roue rouge.
Mais ce jour, comme pour Dostoïevski, il y a cent ans et plus, c'est ce peuple de Russie, absurde, saint et insensé, plein de péchés, à la démesure de ses piétés, qui fait honte au monde entier et que le monde entier envie, ce sont les pauvres, les humbles, les infirmes, les idiots, les ivrognes, venus des quatre coins de la terre russe, qui accourent en psalmodiant «Mémoire éternelle» pour embrasser et bénir la dépouille mortelle de celui-là seul qui sut les consoler en acceptant, pour lui-même, ici-bas, le lot de l'inconsolation. Et, avec eux, marchant à leurs côtés, invisibles mais présents, tous les morts sans sépulture du goulag, jetés dans la fosse, abandonnés à l'abîme, et ce jour, définitivement sauvés de l'oubli, entrant enfin, à la suite d'Aleksandr Issaïevitch, en sa compagnie, dans la paix du Père céleste.
Ce Dimanche 22 juin, nous avons célébré sous la présidence de notre évêque Abba Athanasios la Divine Liturgie à la mémoire du
40° jour de la naissance au ciel de notre métropolite Abba Marcos.
Un office funèbre fut célébré à Barcelone le jeudi 15 mai présidé par abba Abraham évêque du Fayoum, abba Basilios, abbé évêque du monastère saint Samuel, et
abba Athanasios, évêque de l'Eglise copte-orthodoxe de France. L'Archevêque de Barcelone ainsi que la Généralitat de Catalogne étaient représentés.
L'Office des funérailles sera présidé par Sa Sainteté abba Shénouda, pape et patriarche d'Alexandrie dans la cathédrale du Caire, en principe le vendredi 23 mai et devrait être
retransmis par les deux chaînes Aghapy et
CTV.
Abba Marcos reposera parmi ses frères dans son monastère Deir Amba Bishoï du Wadi Natroun
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