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Carême

Mercredi 5 avril 2006 3 05 /04 /Avr /2006 22:47

Par Père Roland
Saint Sixte 1er, évêque de Rome (127)
2R : 4, 25 à 37
Ex : 5, 1 à 23
Lc : 7, 11 à 16
     Abba Sisoès disait :  « Lorsque j’étais à Scété avec abba Macaire, nous montâmes à sept pour faire la moisson avec lui. Et il y avait une veuve qui glanait derrière nous et pleurait sans arrêt. Alors, le vieillard appela le propriétaire du champ et lui dit : « Qu’a donc cette vieille femme à pleurer tout le temps ? » Il lui dit : « Son mari avait un dépôt de quelqu’un et il est mort subitement sans dire où il l’avait mis ; et le propriétaire du dépôt veut la prendre, elle et ses enfants comme esclaves. » Le vieillard lui dit : « Dis–lui de venir vers nous, là où nous ferons la pause de la grosse chaleur. »  Et lorsqu’elle vint, le vieillard lui dit : « Pourquoi pleures-tu tout le temps ? » la femme dit :  « Mon mari est mort ayant reçu un dépôt de quelqu’un, et il n’ a pas dit en mourant où il l’avait mis. » Le vieillard lui dit : « Viens, montre moi où tu as mis ton mari. » Et emmenant les frères avec lui, il partit avec elle. Lorsqu’ils arrivèrent à l’endroit, le vieillard dit à la femme : « Retire-toi dans ta maison. » Et tandis que nous priions sur le lieu, le vieillard appela le mort disant : « Un tel, où as-tu mis le dépôt d’autrui ? » Il répondit : « Il est caché dans la maison, sous le pied du lit. » Et le vieillard lui dit : « Dors à nouveau jusqu’au jour de la Résurrection. » Ce que voyant, les frères tombèrent à ses pieds, et il leur dit : « Ce n’est pas à cause de moi que cela s’est produit, car je ne suis rien ; mais c’est à cause de la veuve et des orphelins que Dieu a fait cette œuvre. Ce qui est grand, c’est que Dieu désire l’âme sans péché, et quoi qu’elle demande, elle le reçoit. » Il alla donc dire à la veuve où était le dépôt ; et elle le prit, le donna à son propriétaire et il libéra ses enfants. Et ceux qui l’apprirent glorifièrent Dieu. »
Ap. XIX, 12
    
     Un séculier vint un jour avec son fils chez abba Sisoès à la montagne d’abba Antoine. Son fils mourut en route. Il ne se troubla pas, mais avec foi, l’apporta chez le vieillard et s’inclina avec lui comme s’il faisait la métanie pour être béni par le vieillard ; puis il se releva, laissa son fils aux pieds du vieillard et quitta la cellule. Et le vieillard, pensant que l’enfant lui faisait la métanie, lui dit : « Relève-toi, va dehors. » Car il ne savait pas qu’il était mort. Aussitôt, l’enfant se leva et sortit. En le voyant, son père fut stupéfait ; il rentra s’incliner devant le vieillard et lui avoua l’affaire. Mais en l’entendant, le vieillard fut attristé, car il ne voulait pas que cela se produise. Aussi, son disciple recommanda-t-il au père de l’enfant de n’en parler à personne jusqu’à la mort du vieillard.
Ap. XIX, 17
Les Apophtegmes des Pères : Col. Systématique S.C 498
Mardi 4 avril 2006 2 04 /04 /Avr /2006 22:43

Par Père Roland
 
Ex : 4, 1 à 18
Ez : 36, 23 à 28
Is : 1, 16 à 20
Jn : 9, 1 à 39
    
     Il faut donc que celui qui cherche croie, s'approche du Seigneur , supplie, pour recevoir dès maintenant l'Esprit divin. Car c'est lui qui est la vie de l'âme, et c'est pour cela, pour donner dès maintenant à l'âme la vie, à savoir son Esprit, qu' a eu lieu la venue du Seigneur. « Tant que vous avez la lumière, dit-il, croyez en la lumière » ( Jn, 12, 36 ). « La nuit vient, où nul ne peut travailler » (Jn, 9, 4 ). Si quelqu'un ne cherche pas et ne reçoit pas dès maintenant pour son âme la vie, à savoir la lumière divine de l'Esprit, lorsqu'il sortira de son corps, il sera placé à gauche, à l'écart, dans les ténèbres ; il n'entrera pas dans le Royaume des cieux et finira dans la géhenne avec le diable et ses anges (c.f. Mt, 25, 41). L'or ou l'argent, quand on les jette dans le feu, deviennent plus purs et plus éprouvés, et rien ne peut les altérer , que ce soit du bois ou du foin ; en effet, ils dévorent tout ce qu'on en approche, étant devenus feu. C'est ainsi que l'âme qui se meut dans le feu de l'Esprit et dans la lumière divine, ne peut subir aucun dommage de la part des esprits malins. Si quelque chose s'approchait d'elle, il serait dévoré par le feu céleste de l'Esprit. De même un oiseau qui s'est élevé dans les airs est sans souci car il ne craint plus ni l'oiseleur ni les animaux féroces ; mais il se rit de tous de là-haut. C'est ainsi que l'âme qui a reçu les ailes de l'Esprit et s'est envolée vers les hauteurs du ciel, se rit de tous, parce qu'elle se tient au dessus de tous.
 
Saint Macaire le Grand :Les Homélies spirituelles S.O.40
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